Un dirigeant m'appelle. Son Head of Sales vient de démissionner.
Il est surpris. Le projet avance, l'équipe est bonne, la relation était saine. Rien ne laissait présager un départ.
Puis il me donne le package. Et la surprise disparaît.
Cette conversation, je l'ai plusieurs fois par trimestre. Toujours dans le même ordre. L'incompréhension d'abord, le chiffre ensuite.
Voici ce qui se passe réellement, et surtout comment l'éviter.
Ça paraît contradictoire. Ça ne l'est pas.
Un Head of Sales qui gagne 30% sous le marché le sait depuis longtemps. Il ne part pas pour autant. Il reste parce que le projet lui plaît, parce qu'il a construit quelque chose, parce qu'il apprécie son dirigeant.
Ce qui déclenche le départ, ce n'est pas le constat. C'est l'approche.
Un jour, quelqu'un le contacte avec une proposition sérieuse. Pour la première fois, l'écart n'est plus une abstraction. Il est chiffré, daté, et il a un nom d'entreprise en face.
À ce moment-là, le raisonnement bascule. La question n'est plus de savoir s'il est bien payé. Elle devient de savoir ce que cet écart lui coûte, lui, sur les trois prochaines années.
Et là, aucun discours sur le projet ne tient.
C'est pour ça que les départs de Sales Leaders paraissent toujours soudains. Ils ne le sont jamais. Le dirigeant découvre en une semaine une décision qui mûrissait depuis des mois.
Les fourchettes que nous observons sur nos mandats, en package OTE complet, Paris et Île-de-France.
Ces écarts vont du simple au double, parfois au triple. Ce n'est pas un défaut de précision. C'est l'information principale.
Un Head of Sales à 150 K et un Head of Sales à 300 K portent le même titre et font deux métiers différents. Le premier dirige trois Sales dans une structure en construction. Le second pilote une organisation installée, sur des cycles Enterprise, avec des managers sous sa responsabilité.
Donc la question utile n'est jamais « combien vaut un Head of Sales ». Elle est : où se situe le mien dans la fourchette, compte tenu de son périmètre réel, et où je le paie aujourd'hui.
Quatre critères déterminent la position dans la fourchette.
C'est le scénario le plus fréquent, et il n'est presque jamais intentionnel.
Tu recrutes un Head of Sales il y a deux ans. À l'époque, il dirige deux Sales et porte lui-même la moitié du chiffre.
Aujourd'hui, il dirige six personnes, il a structuré le process, il recrute, il gère le forecast, et il présente les chiffres à ton board.
Son package, lui, a bougé de l'inflation.
Personne n'a mal agi. Le poste a simplement grandi plus vite que la rémunération, parce que l'élargissement s'est fait progressivement, sans jour de bascule.
Et quand un chasseur l'appelle, il ne compare pas son package au poste qu'il a signé. Il le compare au poste qu'il occupe réellement.
Le test, en une question. Si tu devais recruter aujourd'hui, de l'extérieur, quelqu'un pour faire exactement ce que fait ton Sales Leader, combien le paierais-tu ?
Si la réponse est nettement au-dessus de ce qu'il gagne, tu as ta réponse. Et lui aussi.
C'est la phrase que j'entends le plus souvent, et c'est le calcul le plus coûteux du recrutement.
Elle part d'une intention raisonnable. Attendre la prochaine levée, le prochain budget, la fin de l'exercice.
Voilà ce qui se passe dans ces six mois.
Il continue de répondre aux approches. Pas activement. Mais il répond, et chaque conversation rend la suivante plus facile.
Il commence à protéger sa sortie. Il documente moins, il transmet moins, il investit moins dans le long terme.
Et quand il part, tu n'ajustes plus. Tu recrutes dans l'urgence, au prix du marché, avec en plus les honoraires d'un cabinet et un trimestre de vacance.
L'ajustement différé ne fait jamais économiser l'écart. Il le fait payer plus tard, avec les intérêts.
C'est le calcul que personne ne fait, parce qu'il n'apparaît sur aucune ligne comptable.
Reprends-le honnêtement.
Mets ces cinq lignes bout à bout et compare-les à l'écart annuel que tu cherchais à éviter.
Dans la quasi-totalité des cas que nous voyons, l'ajustement aurait coûté entre cinq et dix fois moins cher que le départ.
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Ils apparaissent tous bien avant la démission.
Aucun de ces signaux n'est irréversible. Tous le deviennent le jour où il a signé ailleurs.
La bonne question n'a jamais été de savoir si tu payes trop.
Elle est de savoir ce que te coûte le départ de la personne qui tient ton chiffre.
Dans presque tous les cas, l'écart que tu hésites à combler est une fraction de ce que tu paieras pour le remplacer.
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Si tu veux savoir où se situe ton équipe par rapport au marché, ou si tu as un poste de Sales Leader à ouvrir, parlons-en.
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